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03/01/2011

Bonne année sans CO2

10_48_33_428715214_PHOTONEWS_10263676-003[1].jpg295.000 morts et 130 milliards de dollars de dégâts, c'est le bilan des différentes catastrophes qui ont frappé notre planète durant l'année 2010. Un record inégalé depuis 1983, année où la sécheresse en Ethiopie avait causé quelques 300.000 morts dans ce seul pays d'Afrique.

Parmi les grandes catastrophes de 2010, il y a bien entendu le tremblement de terre de Haïti, suivi quelques semaines plus tard de celui du Chili. Mais il y a aussi les terribles inondations de cet été au Pakistan, les feux de forêts en Russie ainsi que, plus près de chez nous, la tempête Xynthia qui a dévasté les côtes de Vendée. Et puis il y a bien-sûr l'éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull. Un évènement qui n'a fait aucune victime, mais qui a tout de même été une véritable catastrophe économique pour nombre de compagnies aériennes, en plus de nous avoir rappelé pendant une dizaine de jours, l'extrême dépendance de notre civilisation au transport aérien et donc au pétrole.

"L'année a été marquée par une assez rare accumulation de tremblements de terre importants, et par un nombre élevé de catastrophes liées au climat, qui semble indiquer une poursuite du réchauffement climatique" peut-on lire dans le rapport annuel du réassureur allemand Munich Re. Si aucun scientifique ne peut encore affirmer, preuve à l'appui, que cette accumulation de grandes catastrophes est directement liée au réchauffement climatique, l'année 2010 ressemble tout de même à un petit condensé de ce que nous prédisent les rapports du Giec pour les années et les décennies à venir si rien n'est fait pour freiner la croissance de nos émissions de gaz à effet de serre.

Et parlons-en justement de ces gaz à effet de serre. Car en plus de nous avoir marqué par toutes ces catastrophes, 2010 aura aussi été une année record en terme d'émissions de CO2. Après une année 2009 où elles avaient légèrement baissé, probablement l'effet de la crise économique, ces émissions sont largement reparties à la hausse en 2010 et notamment dans les pays émergents comme l'Inde et la Chine. Ce dernier pays confirme d'ailleurs sa position de premier émetteur mondial de CO2 (24% des émissions globales), suivi par les Etats-Unis (17%). Et si la plupart des pays européens affichent au contraire une baisse de leurs émissions, il faut tout de même rappeler qu'une partie des émissions chinoises, et des émissions asiatiques en général, proviennent de la fabrication de biens qui sont ensuite exportés vers l'Europe pour des consommateurs européens! La responsabilité est donc largement partagée.

Pour limiter les effets du réchauffement climatique, il faudra réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80 à 95% d'ici 2050 par rapport au niveau d'émission de 1990. Pour ce faire, des mesures politiques fortes devront être prise. Mais c'est avant tout notre mode de produire, notre mode de consommer et plus largement tout notre mode de vie qui vont devoir être repensé si nous ne voulons pas aller droit dans le mur. Le moindre de nos déplacements, le moindre de nos achats, le moindre de nos choix de vie a un impact sur la planète. Y songer c'est être à son échelle un acteur de changement. Et promouvoir, pour paraphraser le Pr Eric Lambin de l'UCL, une "écologie du bonheur"  où la dimension de son empreinte environnementale personnelle n'est pas synonyme de privation, mais au contraire de bien-être et d'épanouissement personnel.

En plus de vous souhaiter tout le meilleur pour 2011, le Blog Planète de La Libre vous souhaite donc une belle et heureuse année sans (trop de) CO2. Puissent vos émissions épargnées à la planète, être largement compensées par l'amour de vos proches, les plaisirs simples du quotidien et le bonheur d'être en vie.