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21/10/2010

Des normes plus strictes pour moins de dépendance

oil mercedes.jpgDes normes d'émissions plus strictes sur les véhicules. C'est ce que réclamaient hier les militants de Greenpeace qui ont symboliquement mis en scène un "car-wash au pétrole" à proximité de l'ACEA, le lobby des constructeurs automobiles auprès des institutions européennes. Cette petite mise en scène amusante, avait en réalité pour but de marquer la sortie d'un rapport intitulé Steering clear of oil disasters. Un rapport selon lequel l'adoption de normes ambitieuses sur les véhicules individuels et utilitaires légers permettrait à l'Union européenne de réduire sa consommation de pétrole de 8 % d'ici 2030, soit 1,1 millions de barils par jour.

Selon Greenpeace, 60% du pétrole consommé dans l'Union européenne est englouti dans le secteur des transports. Or dans un contexte d'augmentation croissante de la demande, et de tarissement des réserves de pétrole conventionnelles dans le monde, la dépendance de l'UE envers les sources de pétrole non-conventionnelles risquent de s'accroître.

Parmi ces sources non-conventionnelles, on peut citer les sables bitumineux de l'Alberta, au Canada. Une ressource particulièrement controversée, comme nous l'avions évoqué il y a quelques mois dans La Libre.

http://www.lalibre.be/archives/divers/article/603663/le-p...

Autre source non-conventionnelle, les "forages en eaux profondes" avec les risques importants que ce type de forage représente, comme en témoigne la fameuse marée noire du Golfe du Mexique en avril dernier. Des projets de forage en haut profonde sont actuellement en cours dans l'océan Arctique, jusqu'à présent préservé de toute exploitation pétrolière, ainsi que dans la mer du Nord, l'Europe ayant renoncé il y a quelques jours à imposer un moratoire sur ce type de forage dans la foulée de la marée noire aux Etats-Unis.

Pour Greenpeace, réduire la consommation des véhicules individuels et utilitaires légers permettrait donc directement de réduire la dépendance de l'UE aux pétrole issu de l'exploitation des sables bitumineux et des forages en eau profondes. Pour atteindre le chiffre  de -8% de consommation de pétrole, l'organisation plaide pour des normes d'émissions fixées à 80g CO2/km pour les voitures et 125g CO2/km pour les véhicules utilitaires d'ici 2020, et de 50g CO2/km pour les voitures et 88g CO2/km pour les véhicules utilitaires d'ici 2030.

Plusieurs propositions sont actuellement en cours de discussion au niveau de l'Union européenne sur ce sujet. Le Parlement doit d'ailleurs adopter le 23 novembre prochain en séance plénière, un texte portant sur des normes d'émissions plus strictes sur les véhicules utilitaires légers.

18/10/2010

Nagoya Jour 1

13_12_31_802956722_02399517.jpgTreize ans après la signature du célèbre "Protocole de Kyoto" sur les réductions d'émissions de gaz à effet de serre, le Japon accueille à nouveau sur ses terres un évènement d'envergure international pour l'avenir de la planète.

Cette fois, c'est dans la ville de Nagoya, que se tient depuis ce matin, et jusqu'au 29 octobre, la dixième conférence des parties (COP 10) de la Convention des Nations-Unies sur la diversité biologique (UNCBD). Pendant 11 jours, plus de 10.000 délégués, représentants les gouvernements de 192 pays, vont se livrer à d'intenses négociations pour tenter de trouver une solution à la perte de biodiversité mondiale.

Les attentes sont énormes, notamment de la part d'ONG comme le WWF, qui travaille depuis de nombreuses années sur ces questions. Depuis 40 ans, la biodiversité mondiale a en effet reculé de près de 30%. Et le précédent plan stratégique, adopté en 2002 par les Etats parties de la Convention, a échoué à atteindre l'objectif qu'il s'était fixé à savoir freiner ce phénomène d'ici 2010.

Le terme "biodiversité" englobe l'ensemble des êtres vivants (animaux, végétaux...) qui forment les écosystèmes de la planète. Aujourd'hui, plusieurs milliers d'espèces sont menacées de disparitions en raison des activités humaines et du réchauffement climatique. Mais le fait que 17.000 espèces soient aujourd'hui menacées de disparition n'est pas seulement dramatique d'un point de vue moral, car il fait surtout peser de lourds dangers sur l'ensemble de l'humanité, en raison des nombreux services que nous rend la biodiversité.

Parmi ces nombreux services, citons par exemple les forêts primaires qui absorbent à elles-seules 15% du CO2 émis à l'échelle de la planète. Les mangroves et les récifs coraliens qui constituent des barrières de protection contre les typhons. Sans oublier les ressources agricoles, notre nourriture de tous les jours, qui sont elles-aussi menacées par la perte de diversité génétique.

L'enjeu du Sommet de Nagoya est donc bien plus que la simple préservation d'un "Jardin Extraordinaire". C'est de l'avenir de notre envrionnement naturel, de la nourriture que nous mangeons, de l'air que nous respirons, de la terre que nous habitons, qu'il est question.

La délégation belge présente sur place a mis sur pied un blog, didactique et très riche en informations, pour permettre au public de suivre au jour le jour le déroulement du sommet. Il est accessible à l'adresse suivante: http://cop10.biodiv.be

La rédaction Planète de La Libre suivra également très attentivement l'évolution des négociations que ce soit dans le journal, ou ici même sur le blog. A bientôt donc plus de nouvelles depuis Nagoya.

12/10/2010

Energie pas si propre

On croyait pouvoir ranger l'énergie hydroélectrique dans la catégories des énergies propres. Peut-être plus pour longtemps.
En Suisse, des chercheurs ont découvert récemment découvert que la lac du barrage hydroélectrique de Wohlen (près de Berne) émettait des quantités qualifiées de "considérables" de méthane. Un gaz à effet de serre environ 25 fois plus puissant que le CO2.
"En moyenne, plus de 150 milligrammes de méthane s’échappent de chaque mètre carré de sa surface vers l’atmosphère. C'est le taux d’émission le plus élevé jamais mesuré dans un lac de latitude moyenne", indiquent les chercheurs de l'institut Eawag, qui ont étudié une partie du lac de Wohlen. En extrapolant ces mesures, les scientifiques de cet institut de recherche spécialisé dans le domaine de l'eau, estiment que ce lac produit 150 tonnes de méthane par an, soit l'équivalent du CO2 généré par 25 millions de km de circulation automobile ou des émissions annuelles de 2.000 bovins. "En été, le lac de Wohlen fait parfois penser à une coupe de champagne, une multitude de bulles de gaz remontent vers la surface", commente une des chercheuses.
Le méthane est le composant principal du gaz naturel issu de la fermentation de matières organiques animales ou végétales en l'absence d'oxygène. Il se dégage des zones humides peu oxygénées comme les marais et se forme aussi dans l'estomac des mammifères. Les chercheurs vont désormais étudier d'autres lacs de barrage du plateau suisse pour voir si celui de Wohlen constitue une exception et si une correction du bilan méthane de la Suisse s'avère nécessaire, étant donné que ce GES est inclus dans le protocole de Kyoto.
Les scientifiques ont aussi réalisé des expériences préliminaires dans des lacs de barrages tropicaux, dont celui de Kariba en Zambie, à indiqué  un des responsables de l'étude, Bernhard Wehrli, relevant que des niveaux "très élevés" de matériaux riches en carbone y ont été trouvés.
Dans le cas du lac de Wohlen, la matière organique en provenance de la rivière Aar se dépose au fond de la retenue d'eau où elle est dégradée par fermentation bactérienne. Mais "même en attribuant la totalité des émissions de méthane de la retenue au fonctionnement de l’usine hydroélectrique de l’Aar, elles restent, exprimées en équivalents CO2, encore 40 fois moins importantes que la quantité de dioxyde de carbone libérée par une centrale thermique au charbon de puissance équivalente", nuancent les experts. (avec AFP)

15:18 Publié dans Climat | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : energie, climat, suisse