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16/11/2010

La carotte ou le baton?

14_55_33_803685000_tihange_meuse--U11250246399VtG-296x301.jpgUne nuit avec la jeune écrivain Charlotte Roche. C'est ce que gagnera le président allemand Christian Wulff s'il ose mettre son veto à la loi de prolongation de vie des 17 centrales nucléaires allemandes. Alors que les politiques songent souvent à donner du bâton pour forcer les entreprises à s'adapter aux nouvelles contraintes environnementales, la jeune écrivain de 32 ans a décidé cette fois de se transformer en carotte pour éviter que son pays ne fasse lui aussi marche arrière dans le dossier du nucléaire. "Mon mari est d'accord pour que je couche avec le président s'il ne signe pas la loi" a indiqué Charlotte Roche aux médias. Il n'y a plus qu'à obtenir l'accord de la first lady... Et puis bien-sûr, être prêt à affronter les foudres du Reichstag et d'Angela Merkel, ce qui risque d'être plus difficile encore!

Comme la Belgique et la Suède, l'Allemagne a voté début des années 2000 une loi de sortie du nucléaire. Mais comme la Suède, et peut-être bientôt la Belgique quand nous aurons un gouvernement fédéral, le pays a choisi dix ans plus tard de faire marche arrière, au grand dam des Verts et d'une partie de la population très opposée à l'énergie atomique. Rappelons que les centrales nucléaires européennes produisent chaque année des milliers de mètres cubes de déchets radioactifs, dont 7000 m³ de déchets de haute intensité et de très longues durées de vie, ayant une capacité de nuisances de plusieurs centaines de milliers d'années. Pour ces déchets, il n'existe toujours aucune solution à long terme même si la plupart des pays ayant des centrales nucléaires sur leur territoire envisagent de plus en plus sérieusement de les enterrer en profondeur. La prolongation des centrales allemandes accroîtra encore davantage la masse de déchets radioactifs à gérer. Le sex-appeal de Charlotte Roche sera-t-il suffisamment fort pour renverser le cours de l'histoire?

11/11/2010

"Leave this plane Mr Blair"

14_31_08_978373396_Mideast_Israel_Palestinians_JRL107.jpgLors d'un passage à Bruxelles, invité par la banque d'investissement UBS a donner une conférence, j'ai rencontré Sir David King avec quelques confrères pour un échange de vues sur les enjeux liés aux changements climatiques.

Professeur à l'université d'Oxford, directeur de la Smith School of enterprises and Environnement, Sir King a été le conseiller scientifique de Tony Blair et fournit encore son expertise en matière de changement climatique à plusieurs gouvernements de la planète. Son point de vue est sans appel: le réchauffement climatique est, selon lui, le plus grand défi qu'ait eu à affronter l'Humanité. Mais ce défi est aussi une formidable opportunité d'innovation technologique pour les entreprises qui parviendront à le relever.

On connaît les chiffres, martelés depuis plusieurs années, sensés nous amener la recette magique pour limiter le phénomène du réchauffement climatique et ses effets sur nos écosystèmes. Pour limiter le réchauffement global à 2,2 degrés (ce qui, en soi, aura déjà plusieurs répercussions importantes en matière de fontes des glaces et d'élévation du niveau des mers), il faut limiter la concentration des gaz à effet de serre à 450 ppm, ce qui correspond à une réduction de 80% à 95% des émissions globales de gaz à effet de serre par rapport à 1990.

"Mais même si l'on parvient à appliquer ce scénario idéal de 450ppm, il reste 20% de chances que le réchauffement global atteigne 4 degrés" explique David King. Les conséquences globale d'un tel niveau de réchauffement climatiques seraient autrement plus désastreuses pour l'Humanité. "Un jour que j'expliquais tout cela en détail au Premier ministre de l'époque Tony Blair, qui devait justement se rendre à Camp David quelques heures plus tard, je lui ai dit ceci: Mr le Premier ministre, demandez tout à l'heure au pilote le pourcentage de chances d'arriver indemne aux Etats-Unis. S'il vous dit 80%, je vous suggère fortement de quitter l'avion!"

Une belle analogie pour décrire la situation actuelle, surtout quand on sait que les engagements actuels de pays tels que les Etats-Unis, la Chine, et même l'Union européenne, responsables à eux 3 de l'essentiel des émissions de gaz à effet de serre de la planète, sont très en deça du scénario idéal qui nous offre 80% de chances de survie.

Pourtant, Sir David King reste optimiste. Le flegmatisme britannique?

17:52 Publié dans Climat | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : climat, energie, royaume-uni

04/11/2010

Vive le réchauffement climatique!

CPS.TLO15.041110122255.photo02.photo.default-512x355.jpgLe réchauffement climatique est-il le grand gagnant des élections américaines de mardi dernier? Il y a fort à parier que oui. On connaît en effet la part importante qu'occupe les Etats-Unis dans les émissions de CO2 globales. On connaît aussi l'inertie politique qui a prévalu dans ce domaine durant les années Bush, ce dernier refusant catégoriquement de ratifier le protocole de Kyoto, lequel n'aurait pourtant amené les Etats-Unis qu'à une réduction d'émissions de CO2 largement inférieure à ce qu'il faudrait idéalement.

L'espoir est brièvement revenu avec l'arrivée au pouvoir de Barack Obama. Le président américain souhaite en effet faire adopter une "Loi Climat" visant à réduire de 17% les émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 2005. Un niveau encore une fois bien en deça du seuil nécessaire, mais qui consistuerait une véritable "révolution" dans ce pays.

Mais avec une Chambre des représentants farouchement républicaine, les projets de Barack Obama dans ce domaine semblent désormais compromis. La plupart des élus républicains s'opposent en effet catégoriquement à la mise en place d'un marché d'échange de "crédit carbone" qu'ils considèrent comme un impôt sur l'énergie. Et sans participation des Etats-Unis à l'effort global, il sera bien difficile, sinon impossible de parvenir à limiter le réchauffement climatique.

Il n'y a donc guère de raisons de se réjouir du résultat de ces élections, si ce n'est peut-être en Californie. Dans l'Etat d'Arnold Schwartzeneger (qui a d'ailleurs perdu son poste de gouverneur), les électeurs ont en effet rejeté la fameuse "proposition 23", une initiative populaire qui entendait annuler purement et simplement la loi californienne sur les changements climatique. Largement financée par les compagnies pétrolière, la "proposition 23", si elle avait été adoptée, aurait ruiné les efforts de la Californie en matière d'énergies renouvelables. Un comble pour un Etat qui est souvent qualifié de pionnier dans ce domaine.

Si Barack Obama espère encore que des convergences de vue seront possible avec les Républicains pour parvenir à l'adoption d'une "Loi Climat", il faut désormais se tourner vers les efforts locaux, et les initiatives prises au sein de certains Etats plus progressistes dans ce domaine, pour espérer voir les Etats-Unis participer eux-aussi à l'effort de guerre. Une participation qui sera tout de même inversément proportionnelle à leur taille, et à l'importance de leur dette climatique à l'égard du reste du monde.

15:12 Publié dans Climat | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : climat, etats-unis