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12/04/2011

Plus de crevettes, plus de manchots

14_53_36_746157443_Reporters_sunset1149561--U20544747199P1G-95x91.jpgVoilà un bel exemple pour démontrer le lien entre les espèces, et les dangers de la perte d'un maillon pour l'ensemble de la chaîne alimentaire. D'après une recherche menée en Australie, les manchots de l'Antarctique seraient en effet davantage menacés par la diminution du nombre de crevettes dans la mer que par la fonte des glaces !
Cette recherche a été menée sur les trois dernières décennies sur des manchots à jugulaire et des manchots Adélie. La diminution des populations de ces deux espèces est encore particulièrement perceptible sur les dix dernières années où l'on a vu certaines colonies perdre la moitié de leur population.
Ces manchots se nourrissent en effet presque exclusivement de petits crustacés - les euphausia - dont la population dans l'Atlantique affaiblie par le réchauffement climatique, a diminué près de 80% depuis les années 70. Des crustacés, proches des crevettes, qui vivent dans les grandes profondeurs glaciales des océans et constituent un maillon essentiel de la chaîne alimentaire.
La disparition progressive de ces crustacés pousse les manchots à trouver de nouveaux endroits pour s'alimenter. Une difficulté supplémentaire pour les jeunes manchots qui parviennent beaucoup moins facilement à l'âge adulte que leurs aînés, expliquent les auteurs de cette étude.
"Avec le réchauffement climatique qui se poursuit, la perte des euphasia aura un effet considérable sur tout l'écosystème antarctique", pas seulement les manchots, prédisent-ils.

24/02/2011

La fin des coraux

20_48_22_263224030_Reporters_sunset1267539--U116604036253hH-446x780.jpgAmateurs de plongée et d'exploration des fonds marins, dépêchez-vous de réserver vos vacances en Australie si vous voulez avoir une chance dans votre vie d'admirer la fameuse "Grande barrière de corail".

D'après un rapport publié mercredi, l'ensemble des récifs coraliens de la planète pourrait en effet totalement disparaître d'ici 2050 si aucune action n'est entreprise pour enrayer les phénomènes qui les menacent. Entre autres menaces, on peut citer l'acidification des océans, conséquence directe de la pollution au CO2, le réchauffement des mers, conséquence directe du réchauffement climatique, la surpêche ou encore l'urbanisation des côtes.

Le corail abrite des millions d'algues qui lui donnent ses fameuses couleurs. Des algues qui ne supportent pas l'élévation de la température de l'eau. Une fois les micro-algues mortes, le corail se décolore et meurt de faim, se transformant en une sorte de squelette calcaire. "Si on les laisse sans contrôle, plus de 90% des récifs seront menacés d'ici 2030 et à peu près tous les récifs d'ici 2050", peut-on lire dans le rapport "Reefs at Risk Revisited" du World Ressource Institute.
Bien plus qu'une attraction pour les touristes et une niche importante de biodiversité marine, les récifs coraliens constituent aussi une barrière de protection des côtes contre les catastrophes naturelles, au même titre que les mangroves. En Australie, la grande barrière de corail a été particulièrement abîmée par les gigantesques innondations qui ont frappé le Queensland au mois de janvier dernier ainsi que par le récent cyclone Yasi.

25/01/2011

Exit CO2, un défi discret

24179_369650466957_367241301957_3896074_3590445_n.jpgEn septembre dernier, Inter-environnement Wallonie (IEW) lançait à l'insu de tous le défi "Exit CO2". Une opération visant à sensibiliser le public à l'impact de ses habitudes de vie sur l'environnement et le climat en proposant à quelques dizaines de citoyens de réduire leur empreinte écologique et de partager leur expérience en la matière.

Pendant un an, 60 ménages wallons et 5 personnalités se sont ainsi engagées à réduire de 25% leurs émissions globales de CO2. Pour ce faire, tous ont bénéficié d'un audit énergétique individuel, leur livrant en tonnes leurs émissions annuelles ainsi que le pourcentage occupé par chaque poste (logement, transport, nourriture...) dans ces émissions. A eux ensuite, de se débrouiller pour que ce chiffre ait baissé d'au moins un quart d'ici septembre 2011.

Pour voir comment se déroulait l'opération, j'ai interrogé l'éditeur liégeois Luc Pire, qui est l'une des 5 personnalités ayant accepté de se prêter au jeu.

Luc Pire, qui fait en ce moment son grand retour dans le monde du livre en lançant une nouvelle maison d'édition, me montre le bilan énergétique personnel réalisé par les experts d'IEW au début de l'opération. Ce qui saute aux yeux d'emblée, c'est l'ampleur du poste "épargne", qui représente près de 53% des émissions totales. Vient ensuite le poste logement (13%), les autres étant relativement insignifiants, et en particulier le poste transport. "J'ai une voiture mais je fais moins de 10.000 km par an" confie ainsi Luc Pire qui se déplace essentiellement en train et à vélo. "De plus, j'ai l'avantage d'habiter à Liège dans le centre-ville". Un avantage certain si l'on compare la situation de plusieurs autres participants qui habitent à la campagne et pour qui le moindre déplacement (courses, rendez-vous professionnel...) constitue des émissions importantes.

Pour Luc Pire, le défi Exit CO2 de IEW sera donc aisément relevé en transférant une partie de son épargne chez Triodos, qui place essentiellement l'argent de ses clients dans des projets durables et socialement responsables. L'éditeur prévoit également des travaux d'isolation de sa maison afin de la rendre moins vorace en énergie. Mais la situation de chaque participant est sensiblement différente. Tout au long de l'année, des ateliers thématiques sont organisés pour les participants afin de les accompagner dans leur démarche. Autour d'eux, ils pourront ainsi témoigner qu'alléger son empreinte, ce n'est pas forcément impossible, et pas nécessairement contraignant. Il suffit parfois d'un peu de volonté et d'imagination. "C'est une démarche essentielle" conclut Luc Pire. "Actuellement, c'est un peu comme si une famille passait à table et que les parents mangeaient tout sans rien laisser aux enfants."