Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

15/12/2010

Yann Arthus Bertrand en visite à La Libre

Yann Arthus Bertrand était aujourd'hui l'invité de la rédaction de La Libre. En prélude à son interview, que vous pourrez lire demain dans votre journal préféré, voici un extrait video de sa rencontre avec les journalistes.

03/12/2010

Tigre qui rit, thon qui pleure

10_24_28_720243842_PHOTONEWS_10205265-005.jpgLa fête à Saint-Pétersbourg, la déception à Paris, du point de vue des écologistes en tous cas. Alors que Cancun s'apprêtait à accueillir 8.000 délégués du monde entier pour parler du climat, deux autres conférences internationale se sont achevées la semaine dernière en Russie et en France. La première avait pour objet la sauvegarde du tigre, un dossier hautement emblématique lorsqu'on regarde les statistiques de population: 100.000 il y a 100 ans, 3200 aujourd'hui ! En cause, le braconnage bien-sûr mais aussi la perte d'habitat, conséquence notamment de la déforestation et de l'extension des villes.

A Saint-Pétersbourg, les pays abritant des tigres sur leurs territoires, et en particulier l'Inde, la Chine et la Russie ont pris des engagement fort pour protéger le félin. Ils ont décidé de prendre des mesures pour doubler leur nimbre (les faire passer à 6500-7000) d'ici 2022. Les défenseurs du tigre applaudissent et en particulier Léonardo di Caprio, l'acteur américain qui s'est enagé personnellement (et financièrement) pour cette cause, et qui avait fait le déplacement vers Saint-Pétersbourg pour l'occasion.

Au même moment à Paris, c'est du thon rouge qu'il était question. Là aussi, les chiffres font froid dans le dos. D'après les experts, les stocks ont diminué de 70% depuis 1970, notamment en mer Méditerrannée, à cause de la surpêche elle-même conséquence de la très importante de demande mondiale pour ce poisson. Ici toutefois, pas de mesures fortes pour préserver l'espèce. Les quotas de pêche de 2010 (13.500 tonnes) ont été pratiquement reconduit (ils passent à 12.900 tonnes). La France est satisfaite, ses pêcheurs aussi. Mais le reste du monde est sceptique. Certaines estimations chiffrent désormais à 30% les chances de survie du thon rouge au-delà de 2020... La faute à un manque de soutien? Contrairement au tigre, le sort du thon rouge n'est malheureusement pas défendu par une célébrité à l'aura internationale comme Léonardo Di Caprio. Il est vrai qu'un thon est moins sexy qu'un tigre. Mais de là à le sacrifier pour toujours...

02/11/2010

Des engagements sans argent

04_49_59_748386323_Japan_Biodiversity_Conference_TOK801.jpgLes applaudissements fusaient dans le cornet de téléphone, tandis qu'une membre de la délégation belge me livrait ses commentaires en direct du sommet de Nagoya. Il faut dire que la bataille a été rude pour tout le monde. Et au bout de 10 jours de négociations marathon, les délégués devaient se sentir soulagés que toute cette énergie n'avait pas été dépensée en vain.

On la répété à souhait tout au long du week-end, l'accord de Nagoya est historique à plus d'un titre. D'une part, parce que les objectifs fixés dans le Plan Stratégique sont forts et ambitieux; à la mesure de l'enjeu que représente pour l'Humanité la sauvegarde des ecosystèmes menacés. D'autre part, parce qu'il a permis d'adopter, après 8 ans de tergiversations, le fameux "protocole ABS" qui obligera dorénavant les compagnies exploitant les ressources génétiques issues de la biodiversité (à des fins pharmaceutiques notamment) à partager les bénéfices avec les pays d'où ces ressources sont issues.

Parmi les avancées "historiques" contenue dans l'accord, on trouve par exemple l'objectif de porter les aires marines protégées à 10% d'ici 2020, des engagements clairs pour mettre fin aux pratiques de surpêche ou encore celui de cesser les subsides aux activités destructrices de biodiversité. Toutefois, qui dit "Objectif ambitieux" dit aussi "Financement". Or, et c'est là que le bât blesse , rien ne dit que ces financements suivront.

Faute de compromis sur les montants à engager pour réaliser les objectifs du Plan stratégique, les parties ont en effet décidé... de ne pas décider! Ou plutôt, de reporter la décision à 2012, au terme d'un processus d'évaluation qui devra livrer des chiffres plus précis quant aux besoins financiers du plan. Or il y a fort à parier que ces montants seront très importants vu la hauteur des objectifs fixés. Lors des précédentes conférences des parties (COP) de la Convention des Nations-Unies sur la biodiversité, d'autres objectif ambitieux avaient déjà été fixé, comme celui d'enrayer la perte de biodiversité mondiale d'ici 2010. Un objectif jamais tenu, notamment en raison du manque de financement nécessaire à sa mise en oeuvre. Les parties éviteront-elles de commettre la même erreur cette fois?

Vendredi à Nagoya, il était donc l'heure d'applaudir les engagements historiques pris par la majorité des Etats de la Planète pour la sauver. On verra dans deux ans si ces mêmes Etats sont prêts à mettre sur la table les moyens nécessaires pour tenir ces engagements.