Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

11/11/2010

"Leave this plane Mr Blair"

14_31_08_978373396_Mideast_Israel_Palestinians_JRL107.jpgLors d'un passage à Bruxelles, invité par la banque d'investissement UBS a donner une conférence, j'ai rencontré Sir David King avec quelques confrères pour un échange de vues sur les enjeux liés aux changements climatiques.

Professeur à l'université d'Oxford, directeur de la Smith School of enterprises and Environnement, Sir King a été le conseiller scientifique de Tony Blair et fournit encore son expertise en matière de changement climatique à plusieurs gouvernements de la planète. Son point de vue est sans appel: le réchauffement climatique est, selon lui, le plus grand défi qu'ait eu à affronter l'Humanité. Mais ce défi est aussi une formidable opportunité d'innovation technologique pour les entreprises qui parviendront à le relever.

On connaît les chiffres, martelés depuis plusieurs années, sensés nous amener la recette magique pour limiter le phénomène du réchauffement climatique et ses effets sur nos écosystèmes. Pour limiter le réchauffement global à 2,2 degrés (ce qui, en soi, aura déjà plusieurs répercussions importantes en matière de fontes des glaces et d'élévation du niveau des mers), il faut limiter la concentration des gaz à effet de serre à 450 ppm, ce qui correspond à une réduction de 80% à 95% des émissions globales de gaz à effet de serre par rapport à 1990.

"Mais même si l'on parvient à appliquer ce scénario idéal de 450ppm, il reste 20% de chances que le réchauffement global atteigne 4 degrés" explique David King. Les conséquences globale d'un tel niveau de réchauffement climatiques seraient autrement plus désastreuses pour l'Humanité. "Un jour que j'expliquais tout cela en détail au Premier ministre de l'époque Tony Blair, qui devait justement se rendre à Camp David quelques heures plus tard, je lui ai dit ceci: Mr le Premier ministre, demandez tout à l'heure au pilote le pourcentage de chances d'arriver indemne aux Etats-Unis. S'il vous dit 80%, je vous suggère fortement de quitter l'avion!"

Une belle analogie pour décrire la situation actuelle, surtout quand on sait que les engagements actuels de pays tels que les Etats-Unis, la Chine, et même l'Union européenne, responsables à eux 3 de l'essentiel des émissions de gaz à effet de serre de la planète, sont très en deça du scénario idéal qui nous offre 80% de chances de survie.

Pourtant, Sir David King reste optimiste. Le flegmatisme britannique?

17:52 Publié dans Climat | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : climat, energie, royaume-uni

Commentaires

Voilà un argument à double tranchant : dans la mesure où il existe une probabilité sans doute elle aussi proche de 20% pour que tout en continuant à vivre comme on vit aujourd'hui, le réchauffement "catastrophique" n'arrive jamais.
Quand on voit les conséquences de ce terrorisme anticipativo-climatique sur le bon sens qui semble s'y dissoudre, il vaut mieux s'en tenir à la rigueur économique qui ira tôt ou tard de toute façon vers l'abandon du pétrole trop cher pour le remplacer par le nucléaire, l'hydrogène, le solaire, l'éolien... Ou par rien si les plus fanatiques des talibans environnementalistes parviennent à convaincre les foules de vivre dix fois plus nombreux sur les mêmes débits énergétiques que ceux disponibles avant la première guerre mondiale.
Au fait... La quantité d'énergie absorbée par le Net est gargantuesque et en pleine croissance : va-t-on alors vers l'évaporation de ce genre de blog pour économiser ?

Écrit par : philippe hanchir | 14/11/2010

Les commentaires sont fermés.